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Point de vue de l'ARGB relatif aux détecteurs de gaz - 02/03/2011

L'Association Royale des Gaziers Belges a formulé à l'intention du Parlement wallon plusieurs remarques importantes au sujet du projet de décret wallon (15/03/2010) relatif aux détecteurs de gaz. Ce décret imposerait d'installer un détecteur de gaz dans des habitations équipées d'un appareil au gaz. L'ARGB souligne les limitations d'un tel détecteur de gaz en neuf points motivés. L'ARGB maintient qu'il est nettement préférable d'investir dans une installation sûre, installée par un professionnel et entretenue dans les règles de l'art.

  1. Un détecteur de gaz relève d'une technologie plus complexe (cellule semi-conductrice) que celle des détecteurs de fumée (cellule optique). Sa sensibilité évolue dans le temps car ces détecteurs sont équipés d'une sonde de mesure qui s'avère instable au fil du temps. de plus, cette sonde est sensible à la chaleur (p. ex. à la proximité d'un poêle), au froid (p.ex. dans une cave), à l'air humide (p.ex. dans une salle de bain) et aux vapeurs grasses (p.ex. dans la cuisine). Il doit donc faire l'objet d'un calibrage périodique qui, ajouté à l'achat du détecteur, rend l'opération relativement coûteuse à moyen et long terme. En cas d'omission du calibrage périodique, la fiabilité de l'appareil est remise en question. La durée de vie de ces détecteurs est limitée à 5 ou 10 ans suivant les modèles.
  2. La plupart des détecteurs de gaz répondent à la norme NBN EN 50194 "Matériels électriques pour la détection des gaz combustibles dans les locaux à usage domestique". Les détecteurs de gaz qui répondent à cette norme portent le marquage CE, ce qui doit normalement constituer une garantie pour l'utilisateur. Dans ce cas de figure le marquage CE ne concerne que la conformité aux directives "basse tension" et "compatibilité électromagnétique"; La conformité métrologique quant à la détection du gaz ne relève pas de ces directives et ne pourrait être attestée que par une démarche volontaire du fabricant. Vu l'importation massive de ce type de matériel en provenance de pays étrangers, l'utilisateur n'a donc aucune garantie métrologiquequant au seuil de détection respecté par l'appareil.
  3. Les détecteurs de gaz sont alimentés soit par l'installation électrique de l'immeuble, soit par des batteries. Si les batteries sont vides, le détecteur ne fonctionnera plus.
  4. Ces détecteurs réagissent à la présence d'hydrocarbures tels que le méthane, le butane, le propane mais aussi au gaz d'échappement de véhicules motorisés contenant de l'essence ou du diesel non brûlés). Ils réagissent également à d'autres produits inflammables p.ex. les alcools, les solvants de peintures et vernis. En dehors du gaz naturel, bon nombre d'autres produits contiennent du méthane : les dechets ménagers en fermentation, les excrètements, les gaz d'égout, les fonds de bouteilles de bière, le gaz propulseurs dans les garages, ... De plus, dans les habitations on utilise fréquemment des solvants : peintures à l'huile, produits détachants, produits cosmétiques, etc. La cause principale de fausses alertes reste les vapeurs de cuisson, en particulier d'alcool, et les gaz d'échappement des véhicules motorisés dans les garages. Il est donc clair que ces détecteurs peuvent déclencher intempestivement sans qu'il y ait une fuite de gaz.
  5. Les détecteurs de gaz vendus au grand public sont utilisés pour détecter aussi bien le gaz naturel que le butane et le propane. Les limites d'explosivité et le seuil de déclenchement sont différents pour ces trois types de gaz combustibles. Le gaz naturel étant plus léger que l'air, il se concentre au niveau du plafond. Il faut donc monter le détecteur pour le gaz naturel à cet endroit. Le butane et le propane étant plus lourds que l'air, ces gaz se concentrent au niveau du sol. Il faut donc monter le détecteur près du sol dans ce cas. L'expérience montre que les détecteurs sont souvent montés à nu mauvais endroit, par exemple près du plafond pour une installation propane, la détection ne pouvant dès lors s'effectuer que lorsque le local est complètement rempli de gaz. Le placement doit donc être confié à un professionnel compétent en ce domaine.
  6. Un détecteur de gaz ne supprime pas la cause d'une fuite de gaz mais donne uniquement une alerte sonore. Un détecteur de gaz n'est utile qu'en cas de présence humaine sur les lieux. A moins que le détecteur installé commande l'interruption de l'alimentation de gaz. Cette solution est cependant couteuse et requiert un installateur professionnel et crée des problèmes en cas de déclenchement intempestif.
  7. On ne peut pas transposer la logique de placer systématiquement d'un détecteur de gaz avec cellule de mesure optique (technologie simple et stable) à un détecteur de gaz, avec cellule de mesure électronique (technologie complexe, peu stable, et sujet aux déclenchement intempestifs).
  8. Si on suit malgré tout la logique d'un placement systématique d'un détecteur de gaz, il serait logique d'en installer un dans chaque local où une tuyauterie passe (encastrée ou non) et dans chaque local où se trouve un appareil gaz. Par exemple une habitation qui aurait un chauffe-bain dans la salle de bain, un chauffe-eau dans la cuisine, un chauffage d'appoint dans le salon et nue chaudière en cave devrait être équipé d'au moins 4 détecteurs. cela engendrera un coût très important pour les propriétaires de logements.
  9. Compte tenu de l'obligation imposée aux distributeurs de gaz naturel d'odoriser le gaz naturel, la concentration de gaz dans l'air à laquelle un détecteur de gaz réagit est généralement détectée par l'odorat de l'habitant.    

Un détecteur de gaz ne contribue donc pas à l'amélioration de la sécurité à moins que plusieurs détecteurs soient placés correctement dans chaque habitation et qu'ils interrompent l'alimentation en gaz.